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Chroniques salmantines 2026 - Jour 3


Le dîner d’hier soir nous avait confirmé qu’il se passait quelque chose de très agréable parmi ces jeunes gens en devenir. En effet, ils avaient une table qui leur était réservée, à côté de la nôtre et, de ce fait, nous pouvions constater que l’ambiance était à la franche rigolade. Rafi, toujours prêt pour la ribouldingue, leur avait proposé un jeu de devinettes très amusant, qui avait permis que tous soient sollicités.

Une inoubliable queue de toro nous avait été servie, nous nous en délections sauf Juan qui avait néanmoins eu la politesse de la manger, malgré le petit gout de cannelle qu’il détestait !

Nous avions agrandi le cercle à nos amis ganaderos Iñigo et Veronica Sepulveda et Pepe Fraile, qui ne manquaient jamais une occasion de passer du bon temps avec nous. Ils avaient, eux aussi, toujours des anecdotes très drôles, que seuls les éleveurs pouvaient conter. Aussi, la soirée passa très agréablement.

Puis, vers 23 heures, les toreros se sont installés à une autre table, pour jouer aux cartes. Cela m’amusait beaucoup de constater que ces jeunes gens avaient envie de partager encore des moments de convivialité. C’était aussi cela qui me confirmait que nous avions eu raison de renouveler la formule du stage du CFT, en faisant bénéficier aussi, désormais, ces professionnels de ce qui est un privilège : une parenthèse, durant une semaine, totalement dédiée à la tauromachie, dans un même endroit, avec la même bande, pour toréer du bétail, dans des élevages de garantie et passer aussi du bon temps. Cela permet de souder des liens, voire des amitiés, pourquoi pas.

Cela, seul le CFT l’avait permis, depuis toutes ces années et l’on pouvait véritablement en être fiers. 

Ce matin, certains étaient partis visiter Salamanca, pendant que les toreros s’entrainaient au fronton du lotissement voisin.
Des nouvelles rassurantes nous avaient été données concernant Javier Cuartero et son épopée mexicaine. Son retour a été plus que sportif, il est épuisé mais heureux d’être revenu sain et sauf de cette quasi-guerre civile très meurtrière.

Pour le déjeuner, Joaquin nous a concocté une excellente paella, que nous dévorons avec une application bien affirmée.

Cet après-midi, autre élevage, celui d’Andoni Rekagorri, que nous avons l’habitude de pratiquer, juste après la Fuente de San Estéban, au niveau de Martín de Yeltes, dans une zone nommée Campocerrado. Elle est sur le chemin de la finca de la famille Atanasio Fernandez, qui fut un grand nom d’élevage.

 

15h30 : Nous partons assez tard de La Rad. Le soleil est réapparu.
16h15 : après un petit voyage chaotique sur les chemins de terre, nous voici à Campocerrado. Nous allons assister à un mano a mano entre M2 (Juan Leal) et M3 (Clemente), pour 4 vaches. La théorie des ensembles, c’est pratique mais pas poétique !
Andoni nous accueille, son légendaire béret basque sur la tête et nous dit que, finalement, après ces pluies torrentielles, maintenant, ils sont quasiment en état de sécheresse !!! Nous, les humains, nous ne sommes jamais contents.

16h16 : 1ère vache, noire et blanche ou plus précisément, ventrou blanc, épaules et dos noirs, tâches rondes noires sur les flancs. C’est très joli et original.
Jolis poils d’hiver. Elle va bien au cheval, elle est stable sur ses appuis. C’est déjà ça. Ça nous change d’hier !
16h19 : Muleta pour le maestro Juan Leal.
Très soft, pour débuter sa faena. Il enchaine les derechazos, à cette petite vache intéressante.
Juste un petit toque et elle démarre.
C’est un plaisir de voir ce travail de toreo si précis.
Petit vent, mais ne gêne pas trop. Il fait presque chaud.
Juan prend le temps, la bonne distance. Il est classique, il torée très bien. Devant, derrière, dans un sens, dans l’autre, en rond, il lui fait de tout !
Tous les compères sont dans les burladeros, très attentifs.
16h30. Il va saluer le ganadero. Au tour d’Israël.
Il profite de cette bonne vache pour préparer une prestation ce samedi à Valdemorillo.
Le maestro Le Sur lui donne quelques conseils.
La vache est toujours aussi passionnée par l’étoffe écarlate.
Nino, en t-shirt à manches courtes, souhaite poser des banderillas. Tomas la place.
2 paires. Peut mieux faire.
16h37. Israël la raccompagne, portail ouvert sur le campo.
Pendant la pause, Clemente sort donner quelques lancers de cape et se concentre, mains croisées sur le cœur, yeux fermés. C’est très émouvant.

2ème vache, haute, noire. Forte. Elle sort vivement.
Très beaux capotazos par Véroniques profondes et templées du maestro Clemente.
Vache au cheval.
Juan la replace.
2ème rencontre. 3ème. Tomas à la brega.
16h43, Muleta pour Clément.
Vers le centre.
Il enchaîne les passes avec sérénité et esthétique. Sur les 2 bords.
La vache est excellente.
Lui aussi, encore plus.
Quel moment privilégié nous vivons !
16h53. Clovis.
Il enchaîne les passes et cela constitue un bel entraînement avec ce type de bétail.
Banderilles de Rafi. Bien posées.
16h58. Sortie de la vache par Clovis à la muleta.
Cette bête repart dans un trot très serein, comme si cet épisode était soit normal, soit n’avait pas eu lieu ! Bravo la vache !
Durant la pause, Rafi devise sur la position des bras aux banderilles avec Clément et Tomas.

 

17h01, 3ème vache. Noire. Pour Juan.
Un peu violente. Il faut la canaliser.
Au cheval, elle veut en découdre. Pas commode la fille …
Clément pour la replacer, elle tape comme une sourde dans le peto. Puis Juan, autre rencontre.
17h06. Muleta pour Juan.
Très suave.  La vache boit la muleta. Mais attention, elle peut faire quelques écarts, il faut être sur ses gardes.
Il torée de plus en plus près. À droite, à gauche.
Il la fait rompre. Le toreo c’est le miroir de l’âme. Juan, lui, il aime la difficulté et la résolution des problèmes. Il est servi en tauromachie !
Il termine dans un demi-tour typique en repliant sa muleta, à bout de bras. Dans son style inimitable. Sorte de point d’exclamation nous disant, « voilà comment on solutionne la chose ! »
17h16 Israël.
Passant après Juan, la vache est moins âpre, mais, il lui faut s’appliquer.
17h21. Solal aux banderilles. Tomas au placement. 2 Bonnes paires.
17h22, sortie.
17h23. Concentration de Clément, mains croisées, yeux fermés. Il se prépare.

17h26. 4ème et dernière vache, brun foncé, poils d’hiver, pour Clément.
Toujours très élégant à la cape.
Odeur mêlée de terre humide, d’herbes, de chênes verts. Le campo après la pluie.
Vache au cheval, Juan pour la sortir et la replacer.
17h32. Muleta. Clemente.
Statuaires, puis trincheras extrêmement élégantes jusqu’au centre de la piste.
Il enchaîne les passes, cette vache nécessite le bon sitio, ça tombe bien, il l’a !
Il n’y a rien à jeter, son style est épuré, il transfère le poids du corps, il transmet et c’est beau.
On entend à ce moment fort de la faena les mugissements au loin des toros, forts, répétés, intenses. Ils se répondent. Soleil couchant. C’est leur heure, la tombée du jour.
Non, nous ne sommes pas au fin fond de la savane au Botswana, non loin des buffles, mais juste en plein milieu du Campo de Salamanca. C’est sublime.
Faena très sérieuse de Clément. Une grande émotion.
Très grand Torero, excellente vache.
17h44 Clovis.
Il a, lui aussi, de nombreux rendez-vous importants cette année. C’est pour lui un entraînement de qualité.
Raccompagnement dans le corral à la main à 5 personnes, elle a de la race la vache !
17h53 : fin du tentadero.

Ces garçons sont non seulement de grands professionnels mais aussi de belles personnes, remerciant à chaque fois le maestro Le Sur de leur permettre ce genre d’opportunités. Il est très ému, chaque fois !

Après la tienta bizarre d’hier, les jours se suivent mais….

Demain, ce sera un grand jour pour les aficionados car Nîmes dévoilera ses cartels, Juan Leal sera à Béziers pour la cérémonie des cartels aussi, à Madrid, aura lieu le tirage au sort de la Copa Chenel pour Rafi qui, dans la soirée, donnera une conférence.

Mais, nous, de notre côté, nous serons bien lotis, voici notre programme : tienta chez José Enrique Valdefresno, pour M1, M2, N1 et N2, S1 et S2 étant invités de second à chaque vache.
Bon, je traduis, car j’ai dû probablement larguer les lecteurs plutôt littéraires : nous aurons le plaisir de voir toréer Solal, Clemente, Nino, Javier Cuartero, avec la participation de Clovis et Israël.

Elle est pas belle la vie ?

(Photo Jean-Luc Jouet)


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